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Apprentissage du Tuishou à des débutants

27 sept.
11 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct.

Date : février 2019

Lieu : Bauge-en-Anjou (49) - Compte rendu d’atelier décalé



Sont présents : Jean Boucault, Hervé Marest, Jean-Paul Bonhuil, Yannik Michel, Doudou, Lionel Descamps, François Besson, Alix Helme-Guizon.


1. POSTULAT DE DÉPART

Notre réflexion porte sur l’apprentissage du Tuishou à destination de débutants ayant moins de 3 ans de pratique.


Ces pratiquants ont déjà expérimenté « le toucher » au travers des corrections manuelles pratiquées par leur enseignant lors de l’apprentissage de la forme. Au tout début, l’enseignant doit prévenir le pratiquant qu’il va poser ses mains sur lui.


L’ensemble des exercices de Tuishou de Mt Wang Yen Niem peut être proposé et pratiqué au niveau débutant.


Le travail à deux doit être proposé au plus tôt à des débutants. Pour les personnes montrant des réserves voire des réticences, il est indispensable que l’enseignant les prenne individuellement pour l’exécution du geste.


2. DÉFINITION DU TUISHOU

Il est apparu nécessaire pour entamer notre réflexion de définir le Tuishou.

La traduction littérale de ce mot chinois est : « poussée des mains ».

Concrètement, cela signifie travail à deux.


Les exercices de tuishou qui se déclinent seuls ou s’appliquent à deux consistent :

  • à effectuer une série de poussées et d’absorptions avec un partenaire ;

  • à mettre en pratique à deux les principes acquis au cours de l’exécution de la forme l’axe, rentrer dans ses appuis, relâchement…) ;

  • à rechercher pour soi son unité corporelle et à sentir chez l’autre cette unité ;

  • à développer la proprioception notamment au travers de ses appuis (pieds) ;

  • à expérimenter et à travailler « l’écoute » (conserver


3. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX ET FONDATEURS DU TUISHOU

Au travers de l’acquisition des principes généraux ci-dessous se construit la pratique du Tuishou :

  • le relâchement et c’est dans le relâchement que se produit l’étirement ;

  • Emmagasiner et compresser l’énergie dans le dantien inférieur ;

  • Baisser son centre de gravité pour un meilleur ancrage (relation périnée/terre) ;

  • Savoir dissocier, si nécessaire, les trois étages constitués par la tête, le tronc, le bassin ;

  • Effectuer une série de gestes dans la continuité et pour cela changer de direction dans la continuité de la montée ou de la descente.- Être à l’écoute c’est-à-dire ne pas anticiper, ne pas chercher à dominer, favoriser la relation avec autrui au travers d’un contact bienveillant. Comprendre la différence entre tension, tonicité et raideur, dureté.

  • Mettre en pratique les principes que sont adhérer, coller, lier et suivre.

  • L’intention génère la posture.


4. LES DIFFICULTÉS OU PETITS PROBLÈMES LE PLUS SOUVENT RENCONTRÉS

Outre les peurs, réticences, aversion, réserves que peuvent avoir certaines personnes vis-à-vis du contact physique, l’observation de la pratique du Tuishou chez les débutants fait ressortir généralement des contraintes qu’il convient de corriger :

  • l’absence de mobilité du bassin ;

  • les genoux qui rentrent ou qui sortent voire qui dépassent les orteils lors de l’exécution d’un geste ;

  • Absence de relâchement (taille, épaules, bras), d’où la difficulté à absorber (accepter) la poussée dans la taille ;

  • Exécution trop précipitée ;

  • le recul instinctif sur une poussée ;

  • le risque de cambrure (lordose lombaire) notamment sur une poussée au niveau du plexus ;

  • la perte de l’axe ou de ses racines ;

  • l’absence d’intention qui se traduit par l’absence de regard en direction de l’action ;

  • l’exécution plus gymnique qu’énergétique des exercices de tuishou.

  • La poussée au ventre peut générer une gêne chez certaines pratiquantes.


5. DOIT-ON INSTAURER UN RITUEL POUR DÉBUTER L’APPRENTISSAGE DU TUISHOU ?

De l’avis unanime des participants à l’atelier décalé du Collège, il n’y a pas nécessité d’instaurer un rituel pour débuter les exercices de Tuishou. En effet, un rituel signifie posséder la connaissance si ce n’est la maîtrise des gestes qui le constituent et pour ce qui nous intéresse ce serait « une préparation à la préparation ». Toutefois, il peut être étudié des approches pédagogiques avec ballon, bâton, élastiques, exercices en miroir, exercice de poussées (pantin désarticulé) ou l’ utilisation d’images puisées dans les gestes quotidiens de la vie. Les exercices de base d’étirements de notre Ecole et le bagua jin (rassembler les énergies au niveau du dantien) sont appropriés pour appréhender les exercices de Tuishou. Il est relevé que les exercices de Tuishou restent des éducatifs, où sont privilégiés, l’absorption dans la taille, l’enracinement, la mise en tension… l’expression pouvant être multiple, on peut n’en privilégier aucune. Beaucoup s’appuient sur la notion de défense, notion instaurant un temps supplémentaire à la réaction qu’il conviendrait d’avoir en cas d’agression physique. En cas de danger, c’est l’attaque immédiate qui peut permettre de rester dans un « timing » viable.


6. TRAVAILLER « LA POSITION DU CAVALIER » dite aussi « MA BU »

L’adoption de la position du cavalier dite aussi « MA BU » permet l’ouverture des plis de l’aine, de baisser son centre de gravité, de pratiquer une légère rétroversion qui estompe la lordose lombaire. Sur cette position, il convient de veiller à la flexion des genoux qui ne doit pas être exagérée afin que ceux-ci ne dépassent les orteils. Par ailleurs, au travers de réajustements posturaux (relâchement, remplissage du bas du dos, abaissement des épaules, creusement de la poitrine, …) et du développement de la proprioception, le pratiquant doit s’attacher à répartir son poids sous toute

la sole plantaire.


7. LE PENG GESTE « CLÉ » POUR INTRODUIRE PLUSIEURS TECHNIQUES DE TUISHOU.

Le PENG offre l’avantage de rentrer directement dans sa structure corporelle (arc boutant, ouverture du dos, relation périnée/terre). La position ouvre à toutes les connexions avec autrui gauche/droite, haut/bas, avant/arrière. Le Peng offre l’avantage d’un contact qui semble moins intrusif corporellement car s’appliquant sur l’avant bras du partenaire. Le contact dans le Peng, permet, au partenaire, d’apprendre à poser ses mains tant dans la qualité du contact que morphologiquement (poignet, coude). Toutefois, il apparaît que le geste Peng n’est pas si simple à mettre en place car il nécessite à chercher son axe (position de la tête, ouverture du pli de l’aine et abaissement du centre de gravité), à renforcer le dos, à creuser la poitrine et à lever les bras en maintenant une certaine tonicité (souple et fort en même temps, comme la barque soulevée par les flots…).

Avec la position PENG peut être abordées les notions de tonicité/densité/rondeur du geste/ouverture des aisselles (prendre un chat endormi au creux de ses bras et de son épaule).

En conséquence, malgré la difficulté, un travail sur PENG peut s’avérer un excellent préalable aux exercices de Tuishou et illustrer nombre de principes généraux et fondamentaux mis en œuvre dans le Tuishou.


8. MÉTHODE POUR CONDUIRE LA RÉFLEXION

C’est au travers de la chronologie des exercices mis en place par Mt Wang Yen Niem que notre réflexion sur l’apprentissage du Tuishou s’est poursuivie.


Après échanges, il nous est apparu que la chronologie ne devait pas être modifiée car les exercices s’enchaînent de façon cohérente et complémentaire.


Il est intéressant que l’apprentissage du Tuishou passe par une exécution en solo du geste avant d’exécuter celui-ci avec un partenaire.


Pour la quasi totalité des gestes, les règles de sécurité à observer et consignes à prodiguer sont :

  • Ne pas laisser les genoux partir dans tous les sens ;

  • Ne pas cambrer ;

  • Garder l’axe (entre sommet de la tête et plancher pelvien) – notion de « posture souveraine » ;

  • Pratiquer lentement et en douceur ;

  • La poussée est continue ;

  • Pousseur et poussé doivent rechercher systématiquement en début de geste leurs racines dans le sol ;

  • Ne pas chercher à dominer l’autre, ne pas chercher à se valoriser ou gagner systématiquement, ne pas mettre en difficulté son partenaire ;

  • Favoriser l’écoute plutôt qu’une exécution gymnique qui rentrerait dans la routine de la répétition des mouvements.


Pour ce qui concerne les critères d’évaluation de la bonne exécution des exercices de Tuischou, il apparaît qu’ils sont globalement les mêmes pour tous les exercices, afin d’alléger le tableau de nostravaux seuls les observations spécifiques seront portées au regard de l’exercice concerné. En conséquence, pour tous les exercices les critères d’évaluation d’une bonne exécution sont :

  • Mobilité de la taille, notion d’enracinement et Hang Xiong Babei

  • Garder son axe ;

  • Ne pas reculer sur une poussée ;

  • Ne pas avoir les genoux qui sortent ou qui rentrent ;

  • L’intention s’illustre au travers du regard porté en direction de l’action ;

  • respiration naturelle, à l’inspire emmagasiner l’énergie, à l’expire délivrer l’énergie.

Le tableau ci-après précise pour certains gestes des consignes particulières et ouvre la réflexion sur l’utilisation d’aides pédagogiques .

La contrainte du temps a nécessité de s’arrêter au geste de l’exercice 12 « Pousser des deux mains selon un mouvement circulaire vertical ».


NOM DE

L’EXERCICE

TUISHOU

PRINCIPES ESSENTIELS MIS EN ŒUVRE

CONSIGNES SÉCU À PRODIGUER

PROPOSITIONS

AIDE PÉDAGOGIQUE

ÉVOLUTION DU 

GESTE VERS

CRITÈRES 

DÉVALUA-

TION 

SUPPLÉMEN-

TAIRES

EX 1 :Rotation de la taille

en direction de la jambe

arrière, à gauche

puis à droite

- Ne pas reculer.

- Garder son axe vertical.

- A la réception de la 

poussée chercher sa racine 

dans le sol.

Outre les consignes

générales précitées.

Sur l’exécution en solo, ne

pas envoyer le bras en

arrière pour ne pas mobiliser

l’épaule.

Ne pas faire d’apnée.

Avant d’exécuter complètement le

geste, adopter la position de l’archer, tendre le bras avant et balancer le bras arrière, à chaque balancement

sentir « le pompage », la compression

sous le talon. Tressauter sur la

verticale pour compresser le talon.

Faire exécuter le geste en invitant le pratiquant à utiliser le bras arrière

comme pour lancer une balle

(appréhender l’horizontalité, focaliser

l’attention). Dans cet exercice, le

pratiquant passe jambe avant.

L’idée est de créer un arc tout en

gardant son axe. Sur ce même

dispositif, pousser en rentrant dans sa

jambe AV, Lors de la poussée donner

l’image « coller sa colonne vertébrale

au mur qui se trouve derrière ».

Faire exécuter le mouvement sans

décoller le talon du pied avant pour

renforcer l’ancrage.

Image pédagogique :« La tête du

dragon s’enfonce dans le sol tandis

que la queue est dans le bras AV. Un

dragon peut avoir plusieurs têtes (La

tête, les deux bras, les deux jambes).

Evolution possible du geste

vers un An Lu.

Les « cercles verticaux »

peuvent être proposée dans la

suite de cet exercice.














NOM DE

L’EXERCICE

TUISH

EX 1 :Rotation de la taille

en direction de la jambe

arrière, à gauche

puis à droite




Après discussion, il apparaît nécessaire de bien dissocier l’exercice 1 du 2 pour une meilleure compréhension de la finalité des 2 gestes respectifs.


EX 2 : Rotation de la taille

en direction de la jambe

avant, à droite puis à

gauche.

Rapidement dans la discussion avec la notion de pompage

intervient la décomposition d’un geste qui répond

généralement à 4 temps exprimés comme ci-contre :





EX 3 : Fléchir la taille


Pas de cambrure.

vers l’arrière

EX 4 : Fléchir la taille

(rétroversion) en s’inclinant

vers l’avant.






Concernant l’exercice 5, il est apparu intéressant de revenir à la version proposée initialement qui ne comportait pas sur la remontée l’ intention de revenir sur le partenaire pour le

pousser. L’idée étant que revenir c’est induire (il y a potentiel mais sans l’exprimer). Cependant, pour les tout débutants, il peut être préférable installer cette remontée face à la

direction de départ dans la continuité de le descente en relâchant. Sinon, il y a risque de rupture dans le geste, ce qui est à l’opposé de la pratique du Tuishou.


EX 5 : Esquiver en Effectuer le mouvement Lorsqu’il y a l’intention de Possibilité d’un retour type Ne pas aller au-

s’accroupissant sur la jambe

gauche, puis sur la droite.

EX 6 : Pousser d’une main

selon un mouvement

circulaire.


Présenter un Peng qui a de

la densité c’est-à-dire que le

bras offre une tension.

Ne pas ouvrir de trop le bras

en Peng.

Relâcher le bassin, un bassin

qui bouge = début de la

mobilité.

Conserver son axe.

Attention aux genoux qui

rentrent ou partent sur le

coté et à ne pas cambrer.

Pour conserver son centrage,

le geste doit être contenu.

Consigne : « le mouvement

est devant soi ».

Si dans l’absorption, le

coude du poussé revient trop

Expérimenter un Peng offrant une

structure plus carrée (plus fermée)

qu’une structure circulaire.

Travail spécifique sur l’aptitude de

coller suivre aussi bien sur l’

expression (AV) que sur l’absorption

(AR).

Pour effectuer le mouvement des

images tirées du quotidien « faire la

vaisselle, tourner sa sauce »

Travail du geste à vide mais avec un

Travail énergétique avec

l’écoute sous la sole plantaire

et sollicitation des « yong

quan ».

Travail d’écoute. Si le bras

en Peng rentre plus en

contact, le « poussé » subit

moins la pression.

Travail du dos, dans la

position Peng, lors de la

réception de la poussée, se

focaliser sur le coude du bras

Ne pas reculer

EX 7 : Parer vers l’arrière en

fléchissant la taille.






EX 8 : Parer vers l’avant en

fléchissant la taille.


Surveiller la structure de

l’épaule et ne pas forcer sur

l’épaule. Bien que sur la

poussée celle-ci risque

moins que sur l’exercice 7,

la consigne pour le pousseur

« pousser vers le bas » peut

Possibilité de travailler le geste en

offrant à son partenaire un double

Peng (les deux bras simultanément et

poignet contre poignet) ou encore

bras croisés.

Utiliser un mur. Celui-ci ne doit pas

Tester plusieurs amplitudes

dans le mouvement pour

identifier ses limites

corporelles.

Balancer au rythme du

mouvement le bras qui n’est

pas en Peng renforce la

structure.

EX 9 : Peng, Lü 


Installer le bas, s’ancrer

dans le sol.

Laisser de l’air sous les

aisselles.

Éviter les torsions dans les

genoux et les épaules.

Lorsque la poussée sur Peng

est coté défavorable (jambe

AV du poussé), ce dernier

absorbe en levant le coude.

Coté favorable, il absorbe

normalement la poussée.

Dans l’expression du Lü

laisser tomber le coude.

Peng (AV bras) posé sur

Peng du partenaire et celui

qui supporte le bras du

partenaire exprime son

Peng.

Le Lü va chercher derrière

le coude du partenaire qui

est en Peng afin d’éviter

que le partenaire transforme

son Peng en coup de coude.

Ne pas tourner la main du

bras en Peng lors de

l’évitement cela densifie la

structure.

Attention à la réception de la

poussée lever le coude peut

se traduire par « faire

flotter » car lorsque le bras

L’effectuer en déplacement

avec partenaire.

Commencer à écouter la

structure du partenaire

lorsqu’il reçoit la poussée.

Sentir en posant ses mains

sur le partenaires, les pieds

de celui-ci.

Travailler la prise de contact

sur l’avant bras.

Travail sur l’amplitude, une

ouverture des plis de l’aine,

une fermeture du thorax et un

Peng plus resserré peuvent

traduire une approche plus

martiale.

monte l’épaule s’ouvre.

Baisser le coude peut offrir

au partenaire la possibilité

de rentrer au centre.

Le Lü est tiré par le corps.

EX 10 : Libérer l’énergie Jin

avec An

Garder son axe.

Chercher ses racines dans le

sol.

Ne pas cambrer.

Ne pas pousser en bout de

bras.


Travail de proprioception sur

sa structure.

Pour le pousseur, écouter

l’organisation corporelle du

partenaire sur la poussée.


EX 11 : Libérer l’énergie Jin

avec Ji

Il faut cisailler avec les

coudes pour exprimer le Ji.

le poussé reçoit Ji sur son

Peng, pour chasser le Ji il

exécute un Lü avec son bras

libre (celui-ci reste ballant le

long du corps mais présente

une certaine tonicité). Afin

de mieux absorber et pivoter

lors de l’exécution du Lü, la

possibilité de « tourner en

conscience autour du majeur

de la main du bras Lü »

favorise la rotation de

l’avant bras mis en action et

l’ouverture sous l’aisselle.

Pour le pousseur, lors de

l’expression du JI ne pas

trop fermer le pli de l’aine et

imprimer au corps une

rotation légère pour

appliquer son Ji au centre du

partenaire.

Garder l’axe dans le

Pour le poussé, engluer la

main du partenaire lors de

l’absorption en Peng. C’est à

dire conserver le contact avec

les mains du partenaire en

retardant la rotation qui

intervient avec le Lü et qui

est destinée à chasser le Ji.

Attention

« l’archer ne part

pas avec la

flèche » c’est à

dire lors de

l’expression du Ji

avec transfert

d’appui jambe AV

ne pas être

déséquilibré.



changement d’appuis.

Aller dans le pied AV à

partir du bassin.

EX 12

Pousser des deux mains

selon un mouvement

circulaire vertical


Position des bras au départ

pour un partenaire bras levé

coté jambe avant, bras

baissé coté jambe arrière, le

partenaire vient s’installer à

l’intérieur des poignets ainsi

offerts.

Risque de « faire des

nœuds » avec ses

poignets/mains.

Laisser le partenaire faire

son Lü, ne pas tirer son bras.

Effectuer l’exercice en

déplacement.

Rechercher, si possible, le changement de partenaire à chaque exercices.

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