La mobilisation de la taille dans le taï-chi-chuan
Dernière mise à jour : 2 oct.
Date : juin 2022
Lieu : Fleurville (71) - Séminaire du Collège
Animateur : Jean-Marc Lebouis
Rapporteurs : Michel Metzger et Jean-Paul Bonhuil
1. DÉFINITION DE LA TAILLE
La taille c’est tout ce qui tourne quand le bassin à fini de tourner.
La taille ce n’est pas la ceinture, c’est la partie anatomique qui se situe entre le diaphragme et le pli de l’aine.
Remarquons que dans notre forme de taï-chi-chuan, il n’y a pas ou peu d’exercices où l’on tourne la taille sans mobiliser le bassin.
2. COMMENT PÉDAGOGIQUEMENT, DANS NOTRE ENSEIGNEMENT, SOULIGNER LA RELATION JAMBE/BASSIN NOTAMMENT SUR UNE POUSSÉE ?
La démonstration puis le “faire faire” reste la meilleure option.
Toutefois, la mise en œuvre de la relation jambe/bassin sur une poussée peut être précédée par des exercices préparatoires suivants :
Exercice 1 :
a) Pieds parallèles, effectuer des grands cercles avec son bassin autour de son axe (Hula Hop) ;
b) Puis, réduire les cercles (déhanchements) ;
c) Avec le transfert de poids d’une jambe à une autre, dessiner des huit avec le bassin ;
Durant ces exercices pour une prise de conscience du mouvement du bassin demander d’imaginer une source lumineuse au niveau du nombril et le faisceau de lumière qui éclaire de droite à gauche l’espace devant soi.
Exercice 2 :
Pour dissocier le mouvement du bassin du tronc, mettre les mains sur les épaules, garder le tronc fixe et bouger indépendamment le bassin. Souligner que la taille bouge indépendamment des pieds ; cela ne peut s’effectuer qu’en vidant l’espace du pli de l’aine (Koa).
Exercice 3 :
Travail à deux. Un partenaire place ses mains sur les lombaires sacro-iliaques de l’exécutant.
L’exécutant, comme s’il prenait appui sur un mur, effectue une rotation lente du bassin à gauche puis à droite autour de ses fémurs. L’exécutant est à l’écoute de son ressenti.
Exercice 4 :
Vider le pli de l’aine gauche et la jambe gauche se remplit ; dans le même temps faire monter le bras droit. Inverser le mouvement. Le ressenti doit permettre de souligner la connexion entre le bras et la jambe opposée qui passe par le pli de l’aine (constituant du bassin).
Référence est faite de la nutation et contre nutation (on appelle contre-nutation. le pivotement de la symphyse pubienne vers le bas, ce qui permet l'écartement des ailes iliaques)
L’ouverture et la fermeture d’une hanche puis de l’autre en décharge sans bouger le bassin permet de dissocier le fémur du bassin. L’enseignant doit veiller à ce que les genoux de l’exécutant ne soient pas en X ou en valgus.
L’emploi de planches anatomiques peut favoriser la compréhension de l’élève.
Exercice 5 :
Des exercices issus de la méthode Fendelkrais peuvent permettre une prise de conscience du bassin par le mouvement et l’intégration fonctionnelle de celui-ci.
Pour ce faire, le pratiquant s’allonge au sol ; prend le temps de repérer ses points de contact avec le sol ( derrière les talons, les mollets, les fesses, la zone lombaire, les omoplates, les coudes, les paumes des mains, l’occiput). Puis, il est invité à plier ses jambes afin que ses genoux soient pointés vers le ciel. De nouveau, il fait “un tour de propriétaire”. Puis, il croise (comme s’il était assis sur une chaise) le genoux droit sur le genoux gauche et laisse le poids de la jambe droite entraîner lentement à droite le bloc des jambes croisées. Dans ce mouvement le bassin bouge indépendamment du tronc et la partie gauche du bassin se décolle du sol. Après quelques expérimentations de ce mouvement a droite puis à gauche, l’exécutant initie le mouvement non plus à partir du genoux (poids de la jambe supportée par le croisement de jambes) mais à partir du bassin. Les jambes suivent le mouvement du bassin et bien qu’initiée à partir d’une autre partie du corps la gestuelle reste la même.
A la suite de cet exercice, il est fait référence à la notion d’essieu pour traduire le rôle du bassin, notion issue de la lecture d’anciens textes chinois sur le taï-chi-chuan. Peut être du fait d’une traduction difficile, cette notion d’essieu peut poser problème. Un essieu est un axe rigide et celui-ci n’existe pas
au niveau de l’anatomie du bassin donc “comment tourner autour d’un essieu” ? Il est avancé que ce serait plutôt le la cavité (cercle vide) dans lequel se glisse l’essieu qui pourrait traduire l’espace corporel concerné. Un espace qui se situe juste au dessus du bassin et identifiable sur l’ absorption d’une poussée frontale. Cet espace se situe entre les crêtes iliaques et les basses cotes. L’absorption frontale passe par le relâchement de la hanche et permet un travail du foyer médian (massage des
viscères).
A ce niveau de réflexion, il est fait référence au style TCHOU pour lequel la taille est définie autrement car le bassin ne doit pas bouger. Puis au style CHEN qui s’illustre par un “mouvement de godille” du bassin.
Exercice 6 :
Deux partenaires placés face à face positionne un ballon au creux de l’aine gauche. Ainsi reliés par le ballon, les pratiquants poussent alternativement l’un vers l’autre avec la jambe droite. Inverser ensuite le placement du ballon et la poussée dans la jambe opposée à l’aine mobilisée.
Exercice 7 :
La position de l’Arbre est aussi un moyen d’expérimenter l’ouverture des plis de l’aine pour rechercher plus de confort dans l’enracinement.
Exercice 8 :
Issu d’un exercice pratiqué à Taïwan, un travail sur les sacre-iliaques (ouverture du dos) est proposé.
En position du cavalier (Wuji), imaginer un fil qui traverse horizontalement les deux genoux. Tirer sur le plan transversal ce fil, les genoux s’ouvrent sur l’extérieur, tirer au centre le fil les genoux rentrent à l’intérieur. Durant le mouvement des genoux, ressentir les effets dans le dos.
Exercice 9 :
En position du cavalier, visualiser un ballon que l’on fait entrer et sortir du ventre en l’accompagnant d’un mouvement des bras ; écouter la résonance dans le dos.
Exercice 10 :
Exercice à pratiquer à trois ou à deux (un exécutant, un ou deux plastrons).
L’exécutant s’installe dans la position du cavalier, les deux plastrons se placent respectivement de part et d’autre de l’exécutant en regardant dans le sens opposé de la direction adoptée par l’exécutant.
Dans sa position de cavalier, les pieds de l’exécutant crochètent à droite et à gauche le pied du plastron positionné à ses cotés. L’exercice consiste à ce que l’exécutant en tournant la taille ouvre le bras dans la direction où il tourne. De fait son bras rencontre le dos du plastron et le mouvement de la taille (rotation) entraîne une poussée (le geste ressemble aux nuages de certains styles de taï-chi-chuan).
L’exécutant pratique respectivement à droite puis à gauche.


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