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Le poing (avec la boxe française comme support pédagogique)

7 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct.

Date : Mars 2023

Lieu : Rocheton - Séminaire du Collège

Animatrice : Marie-Françoise Gallingani

Rapporteurs : Nicolas Vieuxmaire et Corinne Zerbib


Thème de l’atelier réparti sur 3 items :

1 Les 3 phases : armer, frapper, se retirer.

2 Enchaînement de coups de poing.

3 Utiliser les appuis et la globalité du corps pour donner un coup de poing.



Durant cet atelier nous avons utilisé la boxe française comme support pédagogique. Nous verrons que celle-ci d'affiner les techniques de frappes, de parade ou d'esquive.

Tout d'abord il faut sécuriser les pratiquants. A cet effet, des gants de boxe étaient utilisés, le retrait des lunettes et le port de protège-dents étaient conseillés dès la mise en place du travail à deux. Aussi, il faudra insister sur la gestion de ses frappes (vitesse, direction, force) et sur la coopération au sein des binômes. Enfin, il nous semble utile de rappeler que l'utilisation des gants ne nous exempte pas de fermer solidement la main à l'intérieur de celui-ci pour former le poing.


Voici les situations expérimentées que nous présentons dans un ordre qui nous semble progressif.


I/ Échauffement seul en cercle, sans gants :

1) Direct, uppercut et crochet. Séparés puis enchaînés.

Apprendre chaque technique

→ Appui solide pour se retirer sans perdre l'équilibre. Sur l’avant-pied pour être le plus réactif.


2) Parade :

direct // paumes vers visage, remplir le dos

crochet // mains levées avec paumes vers oreilles, tête rentrée.

uppercut // Mains tournées vers le bas, au niveau poitrine avec force descendante.


II/ Approche du contact

Dans une zone limitée, les élèves marchent. Progressivement on peut leur donner ces consignes :

  • Écarter les bras pour toucher doucement les autres

  • Établir un contact visuel avec l'un des élèves, ne plus se quitter

  • Se rapprocher de son binôme puis l’un guide et l’autre suit (contact doux, s'accompagner) d'abord côte à côte puis face à face


III/ Approche de la confrontation

1) Toucher – Être touché

2 par 2, sur une zone délimitée. Chacun à tour de rôle, les participants doivent toucher une zone du corps de leur binôme sans être eux-même touchés. On peut passer de cette phase collaborative à une phase compétitrice où il n'y a plus d'entente préalable de qui attaque. Limiter le temps à 1 minute par opposition par exemple.


2) Jeu des pinces à linge

2 par 2, sur une zone délimitée. Chaque participant a 6 pinces à linges positionnées sur lui (2 sur les épaules, 1 au sternum, 1 au nombril, 2 aux genoux).

Intérêt pour « armer, frapper, retirer » et tout l’engagement de tout le corps.


En particulier, cet exercice insiste sur la phase « se retirer » que nous ne pratiquons pas en taiji.


IV/ Travail à deux avec gants

Nous veillons à enlever nos lunettes.

1 qui attaque, 1 qui parade. Un seul type de coup de poing (direct, uppercut ou crochet) puis enchaînement suivant un ordre préétabli avec le binôme.


→ Direct long visé se termine avec doigts vers le bas (viser le nez ou la poitrine de l'adversaire)

→ Uppercut se donne avec la paume vers soi, du bas vers le haut. (viser le menton)

→ Crochet se donne doigts vers le bas, coude fléchi. (viser la tempe ou l'épaule)

→ Se retirer = se recentrer pour préparer la défense face à une contre-attaque.

→ Pour la parade : éloigner la tête des gants et structure solide.

→ Toujours regarder l'adversaire.


V/ Observations

Les participants ont pu prendre confiance en eux, diminuer l'impact émotionnel de ce genre d'exercice et donc commencer à affiner leurs techniques de frappes, parades, esquives. Ce type d travail nous semble transférable à la pratique du taiji notamment le travail à deux ou le travail des

applications techniques ou martiales. Il en est ressorti quelques points intéressants :

  • L'utilisation de tout le corps (rotation de la taille, bassin) permet de gagner en allonge et / ou en puissance.

  • L'utilisation de la force croisée (Poing droit pour un appui gauche) est naturelle.

  • Être sur l'avant-pied permet d'être toujours actif, d'être réactif et de pourvoir se retirer rapidement.

  • Les différentes situations a attiré notre attention sur le réglage de la distance.

  • Nous observons qu’à la reprise de la pratique avec gants, juste après l’exercice des pinces à linge, les personnes exécutent beaucoup mieux cette phase « se retirer » pendant quelques instants puis reviennent très vite à la pratique « habituelle » en taiji : je frappe et mon poing reste sur le partenaire.

  • De même, nous avons tendance à ralentir la frappe avant qu’elle n’arrive à son but. La pratique avec gants nous encourage à porter le coup jusqu’à son terme.

  • On vise plus loin que le point d'impact.

  • La pratique de la boxe française avec gants a permis une approche intéressante afin de gérer l'émotion liée au coup de poing (qu’il s’agisse de le donner ou de le recevoir). Cette charge émotionnelle (peur ou agressivité) a diminué au fur et à mesure de la pratique, pour faire place progressivement à la recherche technique « pure ».

  • De façon évidente, les pratiquants se détendent progressivement pour finir les ateliers en arborant de grands sourires !


Voici quelques conseils pédagogiques afin de favoriser le côté ludique de ces propositions :

  • laisser les élèves faire, les regarder, constater leurs progrès, les encourager. Ça ne sera pas de suite parfait au niveau de la technique, il faut l'accepter.

  • Pour un travail technique il faut travailler lentement dans un premier temps.

  • Attention aussi à ne pas laisser les personnes s'emporter par l'envie et par le jeu, il faut parfois calmer les ardeurs pour que les coups portés restent maîtrisés.


VI/ En conclusion

En conclusion, la boxe française nous a permis de faire un pas de côté par rapport à la pratique du taiji afin de revenir à celle-ci, et notamment à la pratique du coup de poing lors d'un travail d'application technique, de façon plus détendue, plus sereine et avec une expérience de « frappe » qui évite les erreurs habituelles des néophytes : frappe à direction changeante, arrêt de la frappe avant d'avoir atteint la cible, mauvaise gestion de la distance entre les deux participants...

Suivant la personnalité et les expériences de vos élèves, il faudra bien-sûr adapter ces propositions.

En situation pédagogique « normale », il peut se passer plusieurs séances avant d'arriver à la confrontation directe avec coups portés à l'adversaire.

A vous d'essayer désormais, et de nous rapporter vos expériences !

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