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Une approche pédagogique du Dalu

20 août
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct.


Date : 2010

Lieu : Toulouse - Séminaire du Collège

Animateur : Frédéric Plewniak


Partant de la constatation, largement partagée je crois, que l'enseignement du Dalu se transforme bien souvent en un véritable chemin de croix, tant pour l'enseignant que les enseignés, je me suis dit qu'il était peut-être possible justement de déposer la croix en prenant le problème dans l'autre sens.


Oublions donc ces cadrants et ces pas qui accaparent notre attention et font de nous de mauvais danseurs introvertis regardant leurs pieds. Revenons à l'intérêt principal du Dalu qui est de travailler l'écoute, le déplacement juste selon les mouvements et sollicitations du partenaire. Une fois la gestuelle et la sensation ancrée dans la mémoire procédurale, il sera toujours temps d'analyser et formaliser le mouvement à l'aide de cette fameuse croix et de s'apercevoir que tout découle naturellement du geste juste.


Pour l'enseignement du Dalu, il me semble donc plus efficace de suivre une progression moins formelle et plus axée sur l'échange entre les deux partenaires :


1) Les deux partenaires sont en position de départ du dalu, face à face en décalage, appui sur le pied droit, les avants-bras droits en contact haut.


Un des deux partenaires joue le rôle de meneur et imprime à son propre centre de petits

mouvements tout en restant uni : les mouvements du centre se répercutent au niveau de

l'avant bras et du pied libre.


Le second partenaire laisse faire et suit en restant uni : le mouvement imprimé par le premier se transmet par le contact des avant-bras au centre du second et à son pied libre.


Explorer l'espace de mobilité en augmentant ou diminuant l'amplitude des mouvements.

Constater l'unité entre les deux partenaires s'ils conservent chacun leur propre unité :

1+1=1

Changer de rôle.


2) Le premier partenaire imprime un plus grand mouvement qui prépare le zhou et avance le pied gauche, le second suit et adapte sa rotation au déplacement du premier, et contrôle avec un cai et une ébauche de lie.


Explorer l'incidence de la longueur du pas.


Changer de rôle.


3) Le premier partenaire avance le pied droit avec un zhou et le second amorce la seconde esquive en reculant le pied droit et en contrôlant avec un lie mâtiné de lu.


Explorer l'incidence de la longueur du pas.

Vérifier le positionnement du second partenaire : stabilité, capacité de contrôle,...


Changer de rôle.


4) Achever le cycle avec la frappe au visage. (Qui soit dit en passant, me semble plus être un retour chorégraphique pour revenir au centre et continuer qu'une véritable riposte. D'abord parce que nous sommes en tuishou et qu'on ne frappe pas, ensuite parce que, arrivé dans cette position j'aurais plutôt envie de profiter de ma situation avantageuse pour amener le partenaire au sol et l'immobiliser plutôt que de le lâcher pour lui envoyer une frappe sur le museau... mais ce n'est qu'un avis personnel qui n'engage que moi).


Voilà... A ce stade, nous savons réaliser un huitième de tour dans l'un et l'autre rôle. Et c'est là que le nœud gordien se dénoue d'un seul coup. Comme à la fin de chaque huitième de tour nous nous retrouvons dans la position de départ, il est facile de changer de rôle à chaque fois pour enchaîner sur un nouveau huitième. Et ainsi de suite, tranquillement, jusqu'à fait un tour complet, ou plus si affinités...

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