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Comment enseigner le travail à deux ?

20 août
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct.

Date : mars 2011

Lieu : Strasbourg - Séminaire du Collège


Compte-rendu de l'atelier collectif par petits groupes « Approche pédagogique du travail à deux »


Liste non-exhaustive d’ obstacles rencontrés par les participants au groupe de travail

  1. Certains élèves commencent à pratiquer le taï-chi sans savoir que c’est un art martial. Ils l’associent au yoga et à la lutte contre le stress, à quelque chose que l’on fait POUR SOI, pour sa santé, voire qui est recommandé par le médecin ; ils sont ainsi peu enclins à découvrir le monde martial et du travail à deux.

  2. La plupart des êtres humains non-familiers avec les arts martiaux éprouvent de la gêne à se trouver face à face et à se toucher, surtout si en plus c’est un duo homme-femme.

  3. Parfois un seul élève refuse absolument de participer à des exercices à deux, et cela peut plomber l’atmosphère du cours.

  4. Certains enseignants craignent leur propre force, qui pourrait se manifester sous le coup de la colère, ou juste par mégarde (p.ex. repousser un élève trop fort). Ainsi ils craignent d’enseigner le tui-shou.

  5. Les exercices à deux sont chronophages et complexes à expliquer ; on peut avoir tendance à remettre à plus tard leur enseignement, et suivre la demande des élèves qui souvent sont demandeurs d’avancer dans l’apprentissage de la forme.


Se faire aider

Pourquoi pas inviter un enseignant de l’extérieur, à l’aise avec le travail à deux, pour un

stage ? En profiter pour regarder comment il amène les notions, comment il met les personnes à l’aise, quelles pédagogies, quel langage, quelles réactions à quelles situations…


Amener le toucher de l’autre, sans idée de combat

  1. proposer de petits massages simples à deux (p.ex. la nuque) l’un s’enroule vers l’avant, l’autre pose sa main sur l’endroit où la flexion se fait, pour l’informer du lieu du mouvement

  2. A « donne » son avant-bras à B, qui le soutient. A est encouragé à lâcher le poids du son bras sur les mains de B. quand le bras est arrivé au maximum de son poids, B progressivement allège son soutien, jusqu’à l’enlever. A « retrouve » le poids de son bras.

  3. A s’enroule vers l’avant et est encouragé à respirer abdominalement. B pose ses

    paumes sur la taille de A pour sentir les mouvements de la respiration.


Utiliser la distance et le regard (travail à deux sans contact physique)

  1. Déplacements dans la salle, diverses consignes : - éviter les collisions - aller là où il y a de la place - que tout le monde reste à la même distance de tout le monde, en déplacement.

  2. A deux, à distance. A invite B à le rejoindre, à se rapprocher, puis A dit stop quand la distance lui paraît agréable ; puis B tente de faire un pas de plus, et A voit si pour lui

    c’est acceptable. Tout cela se fait en silence.

  3. Exercice « j’invite, j’évite ».

  4. Placer les élèves deux à deux et les faire se lancer un ballon imaginaire à une distance de 3-4 mètres

  5. Pratiquer les exercices à deux à distance (p.ex., fermeture apparente), et se coordonner

    avec la vision. Optionnel : les convaincre qu’ils ont le pouvoir de pousser à distance,

    comme sur les vidéos de Youtube !


Exercices ludiques sans trop de proximité physique ni d’idée de combat

  1. face à face, placer les mains devant soi paumes vers l’avant, se toucher par le bout des doigts, déplacer les mains, et garder le contact ; les rôles sont définis, l’un suit, l’autre dirige et vice-versa.

  2. face à face, mettre les poignets en contact, consigne n° 1 : une personne dirige, l’autre suit (puis changer de rôle). Consigne n° 2 : la main droite dirige, la gauche suit (puis inverser).

  3. Avec le mouvement PENG, se placer face à face décalé latéralement et jouer aux

    engrenages : placer les bras en cercle horizontal, les 2 cercles entrent en contact, et

    chacun tourne en pivotant sur l’axe vertical.

  4. à deux, promenade en gardant le contact avec le poignet, A promène B puis changer

    les rôles. On recherche un contact continu et léger.


Approche ludique plutôt que scolaire

Par ex : utiliser d’autres parties du corps que les mains pour repousser l’autre : hanche contre hanche, dos contre dos, fesses contre fesses


Dire


  1. Expliquer que le tui-shou et ses exercices de base font partie intégrante de notre école.

  2. Que les consignes soient claires, éviter le flou qui amène le flot de questions

  3. Que les rôles, surtout au début, soient clairs ; p.ex. une personne ne fait que pousser, et l’autre ne fait qu’absorber

  4. Parler de l’éventuelle gêne du regard yeux dans les yeux, expliquer qu’on n’est pas obligés de se fixer dans les yeux pour faire du tui-shou.

  5. Parler du rapport homme/femme, expliquer que ce n’est pas le lieu pour séduire, demander aux dames de se couvrir et leur donner le droit de remettre les messieurs en place si nécessaire (!). Dans les exercices de poussée droite à 2 mains sur le torse de l’autre, il est proposé de croiser les bras pour recevoir la poussée sur les avants-bras ; cela résout le problème de gêne avec la poitrine des dames.


Les participants au groupe : Beniamino, Claude, Francine, Cathy, Jean, et Valérie (secrétaire)

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