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En quoi le YMTCC est-il un art matrial interne ?

18 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct.

Date : 2021

Lieu : Le Rocheton - Séminaire du Collège

Animateur : inconnu

Rapporteurs : Jean-Luc PICARD et Nicolas VIEUXMAIRE


La 1ère question est la suivante : qu’est-ce qu’un Art martial Interne ?


On parle souvent de la dualité chinoise qui oppose souvent 2 notions antagonistes (le Yin et le Yang, le dur et le mou, etc.)


La notion d’Interne serait donc le pendant de la notion d’Externe.


Une recherche du caractère « nèi » signifiant « interne » dans les manuels d’arts martiaux chinois datant pour la plupart de la première moitié du XXe siècle et dont la traduction est disponible sur le site « Brennan Translation » (https://brennantranslation.wordpress.com/) montre que si beaucoup opposent Interne et Externe, la plupart ne donnent aucune définition de ces termes. Un seul manuel parle de « doux » pour définir l’interne, et « dur » pour l’externe. Un autre reprend cette opposition pour la contredire en affirmant qu’il y a des circonstances où il faut savoir être « doux » et d’autres « dur ».


Dans un livre sur l’Historique des arts martiaux de l’antiquité à nos jours (Chinese Martial Arts from Antiquity to the twenty-first century, of Peter A. Lorge), l’auteur propose une explication idéologique de la notion d’Interne et d’externe.


Une évocation du NEI JIA (traduction littérale Famille Interne) se trouve lors des confrontations de la Chine par rapport à des envahisseurs étrangers (fin de la dynastie MING avec l’invasion par les Mandchous, et ensuite avant l’avènement de la République avec l’invasion japonaise et européenne).


On peut penser aussi à la dualité entre les valeurs internes à la Chine face à l’externe, les barbares étrangers.


Le WEI (externe) est souvent relié en Chine au bouddhisme et à Shaolin alors que le NEI (Interne) est relié, lui aux taoïstes et à Wudang.


Le TCC est également versé au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis peu de temps mais dans la vingtaine de pages du dossier de candidature (https://ich.unesco.org/doc/src/47194-FR.doc), il n’est mentionné à aucun endroit le terme d’Art Martial. Seul le tui shou est mentionné en page 4 et simplement défini comme « exercices de poussée des mains effectués avec un partenaire. »


On peut néanmoins constater que, dans la pratique à haut niveau, on ne peut faire de distinction entre Interne et Externe dans la réalisation d’un combat car un point de convergence existe au niveau du travail du Souffle, de l’énergie interne et les techniques respiratoires, ainsi qu’au niveau de la spiritualité.


Pour autant, on s’aperçoit également que des pratiquants d’arts martiaux dits « externes » viennent au TCC pour trouver un art plus doux et compatible avec leurs conditions physiques qui se seraient dégradées et permettant une pratique plus longue dans le temps et respectueuse de leur Santé…


De ce fait, la question de départ deviendrait donc « En quoi le YMTCC est-il un art martial ? »


Nous pouvons faire également le constat que la population de nos pratiquants est relativement âgée voire vieillissante…certains parlent même de Taï Chi adapté !!!


Si nous souhaitons nous revendiquer d’être un Art Martial, nous devrions pouvoir attirer une population plus jeune, plus dynamique et avec des besoins différents…


Or, la majorité des enseignants de notre style ne sont pas armés pour enseigner le côté martial de notre forme…Nous disposons malgré tout dans le YMTCC d’exercices de base de tui shou et peu d’entre nous les utilisent dans le cursus d’apprentissage de notre forme qui doit rester malgré tout la base de notre enseignement et qui pourrait être une préparation au côté martial du YMTCC.


Mais la majorité des enseignants présents comprennent la nécessité de se tourner davantage vers un TC plus martial, sous réserve d’être formé sur cet aspect.


Des exemples d’enseignants de notre forme qui évoluent vers cet aspect du TC existent et nous ne pouvons que louer ces initiatives qu’il faudrait valoriser, car amenant une autre vision et permettant de rajeunir nos pratiquants.


Dans ce cadre, il semblerait intéressant d’utiliser dans un cadre sécurisé, l’intermédiaire des armes (épée, sabre, bâton, éventail) ainsi que le tui shou pour aller dans la direction d’un TC plus martial, et qui ne serait pas en contradiction avec ce qui existe actuellement sur le versant pratique de bonne Santé… Les armes seraient alors une 1ère approche intermédiaire car garantissant plus de distance physique entre les partenaires dans une approche plus réaliste et martiale, avant d’évoluer pour celles et ceux qui le souhaitent, vers un tui shou plus dynamique…


S’appuyer sur la Forme, pratiquer des exercices à 2 avec des armes, utiliser pour celles et ceux qui le veulent le tui shou à pas fixe et évoluant vers du tui shou à pas mobile, et vers des règles qui permettraient une expression plus martiale, voilà ce qui pourrait être proposé dans nos cours pour toucher une autre frange de futurs pratiquants et un retour vers un Taï Chi plus martial…


Dès lors, le Collège des enseignants du YMTCC est-il prêt à mettre en place un cursus de formation pour encadrer cette pratique, sachant que celle-ci pourrait nous amener de plus jeunes pratiquants ayant des besoins différents que ceux existants, et qui pourrait nous faire évoluer, pour celles et ceux qui le désirent, vers un Taï Chi avec une expression plus dynamique et plus martiale ? La tranche d'âge de ces futurs pratiquants reste à être définie, selon les expériences et les ressentis de chacun. Mais des adolescents ou jeunes adultes pourraient être accepté et surtout attirés par cet aspect de notre forme de TCC.


L’objectif serait d’avoir une pratique responsable, en s’appuyant sur ce qui existe actuellement évoluant vers plus de contacts, dans un esprit plus martial, tout en étant sécurisé, sans se blesser ni blesser son partenaire, mais permettant de faire l’expérience du contact de manière ludique et apprendre à appréhender les coups pour mieux s’en prémunir et développer un potentiel martial existant dans notre Forme…


Dans ce cadre, qui mieux que nos enseignants pourraient mettre en place ce cursus ?



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