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Le vocabulaire dans l’enseignement

21 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct.


Date : octobre 2021

Lieu : Le Rocheton - Séminaire du Collège

Animatrice : Nathalie Plewniak

Rapporteurs : Claudy Jeanmougin et Frédéric Plewniak


Résumé

Tous les termes utilisés dans l’enseignement ne conviennent pas à tout le monde. Pour progresser dans ma pratique, il m’a fallu mettre d’autres mots que ceux qui m’avaient été transmis et combler les trous laissés par les non-dits.


Je veux montrer dans cet atelier qu’un changement de termes peut aider à améliorer la

compréhension de la pratique.


Retour d’atelier

Quelques termes problématiques

Ces termes sont couramment employés mais ne sont pas toujours compris par les pratiquants qui pourront avoir tendance à sur-corriger ou à placer leur intention de manière incorrecte. Il est également difficile de s’approprier les principes.


Nathalie, qui dit « avoir besoin de cases » pour progresser, indique avoir remplacé ces termes par d’autres mots et explications dans un premier temps pour améliorer sa pratique. S’appuyant sur son vécu, elle s’est appropriée ce vocabulaire dans son enseignement pour faciliter la compréhension de ses élèves.


  1. Rétroversion

    Pour éviter un excès de placement du bassin en rétroversion, Nathalie a remplacé ce terme par « relâchement » tout en démontrant l’action en posant les mains sur ses reins et en les faisant glisser vers le bas.

  2. Monter/descendre

    Pour éviter un mouvement de pompe de la jambe, « monter » est remplacé par « expansion » et « descendre » par « compression »

  3. Plier les genoux

    En général, les pratiquants oublient la taille et plient les genoux sans relation avec le reste du corps. Nathalie rappelle donc ici que les genoux plient en conséquence du « relâchement » et de la compression.

  4. Tourner

    Le problème est le même que pour « plier les genoux » et rappeler que la rotation est une conséquence des actions du corps permet d’éviter les excès de rotation. Préciser aussi que ces rotations se font au niveau du kua, de l’articulation de la hanche.


Les non-dits

« Pour moi – dit-elle – les non-dits sont une partie des termes qui ne sont pas utilisés pour dire ce que je ressens. » Exprimer ces non-dits l’aide à communiquer ses ressentis.

Il est souvent difficile d’installer les liaisons qui sont un exemple de « non-dit » sur lequel il peut être utile de mettre un nom. Lorsqu’on exprime un de ces « non-dits », il est fréquent d’entendre les pratiquant faire la réflexion suivante : « on ne nous l’avait jamais dit. »


Exemple : premier exercice de tuishou

C’est grâce au tuishou que Nathalie a pu comprendre et surmonter ses erreurs.


Cet exercice est habituellement expliqué ainsi :

  1. A, en appui arrière, pousse l’épaule gauche de B avec la main droite

  2. B monte (ou se grandit) sur la jambe arrière (gauche) en tournant vers la gauche


Une exécution au pied de la lettre de ces instructions pose problème.


Nathalie a entrepris une démarche de modification de ces termes dans sa propre pratique, ce qui lui permet aussi d’expliquer l’exercice de manière plus précise :


1. A prend le contact avec la main droite au niveau de l’épaule gauche et pousse.

2. B, en position plutôt centrée, accueille la poussée :

1. relâcher le sternum ;

2. relâcher le dos ; ces deux premières actions correspondent en fait à un étirement de la colonne ;

3. prendre appui dans le pied arrière tout en conservant une certaine présence dans le pied avant (contre-appui) ;

3. B transfère le poids vers l’arrière entraînant la rotation mais conserver un contre-appui dans la jambe avant pour rester présent au partenaire ;

4. B prend le contact sur le corps de A avec la main avant, ce qui permet d’éviter un excès de rotation dans l’optique de rester présent au partenaire puis de lui renvoyer sa poussée.


Nathalie introduit donc une différenciation entre poids et appui (fig.1). La position du poids correspond au point qui se trouve sur le sol, exactement à la verticale du centre de gravité. L’appui exprime le contact au sol. Le transfert consiste à glisser dans l’appui. Cette différenciation est loin d’être évidente pour tout le monde mais une fois expliquée elle permet d’éclairer certains points critiques, entraîne une meilleure fluidité en supprimant les ruptures.


L’absence de rupture dans le geste de riposte de B (points 2.4 et 2.5) engendre l’efficacité. La poussée est une conséquence de l’expansion. Le contact et la liaison entre les différentes parties du corps permettent de renvoyer sans effort la poussée de A (point 4).


Afin de démontrer l’expansion dont résulte la poussée et expliquer à la fois l’appui arrière et le contre-appui vers l’avant, Nathalie place ses deux mains à hauteur du bassin. De sa main gauche elle indique l’expansion/rotation venant de l’appui arrière et, simultanément, l’expansion vers le contre-appui avec sa main droite.


L’exercice présenté ainsi permet de prendre conscience de l’axe vertical même si Nathalie n’emploie pas spontanément le terme d’axe sauf pour corriger un pratiquant qui perdrait son axe pendant la réalisation. Elle remplace plus volontiers le terme « axe vertical » par le couple « appui/poids ».


L’exercice peut aussi se faire avec un pas de la jambe avant pendant la rotation, suivi d’un transfert sur la jambe avant pour renvoyer la poussée de A. Dans ce cas, la prise du contre-appui dans la jambe avant est remplacé par le pas engendré par la rotation du corps.


Figure 1 : Différentiation entre poids et appui. Le poids est à la verticale du centre de gravité (marqué par un disque rouge).

Il est conduit dans le sol à travers l’appui principal (flèches bleues) et le contre-appui qui assure l’équilibre des forces.


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