Utiliser la spirale pour accumuler l’énergie et la restituer
Dernière mise à jour : 2 oct.
Date : novembre 2021
Lieu : Merlimont - Atelier du Collège aux Rencontres de l’Amicale
Thème : Les mouvements spiralées dans la forme
Animateurs : Lionel Descamps et Céline Davière
D’abord quelques précisions
Dans cet atelier, quand nous parlons d’énergie, nous faisons simplement appel à la notion scientifique d’énergie mécanique.
Quand nous parlons de mouvement spiralé, il s’agit d’un mouvement composé de deux sous-mouvements combinés :
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Imaginez un mouvement en cercle que vous étirez dans une autre direction.
Pour la notion de cumulation, nous utiliserons un modèle anatomique basé sur la Tenségrité. Ce modèle relativement nouveau en anatomie est employé notamment par certains ostéopathes. C’est un concept né dans le monde de l’architecture et des arts, qui représente aussi très bien la structure du corps. En architecture traditionnelle, pour acquérir la stabilité et élever les constructions à parti du sol on utilise le principe de « blocs empilés les uns sur les autres », comme des briques par exemple. Une autre façon de faire, en tenségrité, consiste à relier des barres par des câbles élastiques. Les structures rigides ne se touchent pas, comme dans ce jouet.

Une tension sur un des éléments de la structure est transmis à tous les autres qui s’équilibre subtilement à tout moment
Une structure en tenségrité a comme qualités d’être :
De faible poids.
Insensible à la direction de la gravité, quand je tourne le jouet dans tous les sens, il garde sa structure.
Résistante, ce n’est pas un élément qui assure la résistance de l’objet, mais l’ensemble de la structure.
Flexible, la structure peut changer de forme avec un minimum d’effort, et quand on la déforme elle reprend sa forme.
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Ces qualités rappellent, en effet, celles du corps humain, prenons l’exemple de la colonne vertébrale.
Traditionnellement, en anatomie on représente la colonne vertébrale comme un gratte-ciel où s’empilent les vertèbres et les disques intervertébraux, qui sont en compression les uns sur les autres. Alors qu’en fait, quand on regarde une radio du genou on voit qu’il y a de l’espace entre les os de l’articulation. Il en est de même pour la colonne vertébrale. La colonne vertébrale, comme le reste de notre corps a une structure en tenségrité. Où les os représentent les barres du jouet et les muscles, les fascias, les ligaments et les tendons représentent les élastiques.
Ci-dessous 2 représentations d’un tronçon de colonne vertébrale, on a retiré les disques intervertébraux afin mieux voir l’espace créé par la tenségrité dans l’image de droite, par comparaison à celle de gauche où il s’agit d’un simple empilement. Les élastiques ne prétendent pas à l’exactitude anatomique, mais servent juste à illustrer le concept de tenségrité. Le corps humain est beaucoup plus complexe.

Première série d’exercices : prise de conscience et mise en œuvre de la structure en tenségrité de notre corps
L’introduction vous a présenté le concept de tenségrité.
Les exercices que vous allez faire, vous apporteront des sensations vous permettant de percevoir la tenségrité dans notre corps.
Exercice 1, prise de conscience et mise en œuvre de la tenségrité dans la structure de son corps :
Debout, pieds parallèles, sur la même ligne, largeur du bassin et poids reparti sur les 2 jambes.
Sans bouger les pieds j’essaie de rapprocher les talons
Si j’écoute bien mon corps, je sens une tension qui nait dans les talons, remonte dans les genoux, crée une spirale dans les jambes, puis au niveau des fesses, puis dans le dos, la ceinture scapulaire pour aller ensuite dans la tête (qui alors s’érige) et les bras (qui donnent la sensation de se soulever). Il faut être attentif et être doux avec son corps. Cette tension qui monte doit être légère, sinon des douleurs apparaitront notamment dans les genoux.
Repérer la position d’étirement sur la face avant.
Ensuite, il faut relâcher tous les muscles superficiels en tension en gardant la colonne vertébrale érigée sans effort. Vous allez sentir notamment votre bassin et vos épaules se relâcher.
Si vous vous relâchez trop, vous allez perdre l’unité ; si vous ne relâchez pas assez, des muscles de mouvement seront encore sollicités et vous perdrez en mobilité et en possibilité de mouvement.
Trouver le bon dosage (attention aux genoux)
Le relâchement du bassin crée une légère rétroversion.
Les épaules sont relâchées « à travers » les pectoraux.
Si vous réussissez cet équilibre entre le trop et le pas assez, vous sentirez votre corps léger, plein et unifié et surtout votre bassin sera comme suspendu et très mobile. Il en sera de même pour votre ceinture scapulaire, votre tête et vos membres (plus difficile).
Repérer cette position d’équilibre. Votre corps est en tenségrité.
Vos genoux sont légèrement fléchis, la poitrine très légèrement creusée, et le bassin en légère rétroversion, ce sont des effets normaux dans votre exercice. Vous pouvez les observer, mais ne les recherchez pas particulièrement. Ils viendront tout seul.
Exercice 2, prise de conscience et mise en œuvre de la tenségrité dans la structure de son corps, variante :
Faire le même exercice en essayant d’écarter les talons. L’étirement se fait alors sur la face arrière du corps, et relâchez de la même façon.
Repérer la position d’équilibre. On arrive à la même position en tenségrité que précédemment.
Exercice 3, prise de conscience et mise en œuvre de la tenségrité dans la structure de son corps, synthèse :
Faire successivement les 2 exercices précédents, tendre successivement les faces antérieurs et postérieures en réduisant de plus en plus l’écart afin d’arriver à la position d’équilibre. Il est important quand on travaille à la recherche d’une structure en tenségrité, de faire ces 2 exercices autant de fois, afin de ne pas déséquilibrer son corps en privilégiant la face avant ou la face arrière.
À cause des mauvaises habitudes prises durant de nombreuses années :
Mauvaises postures, notamment devant l’ordinateur.
Mauvais usages des muscles, notamment l’usage des muscles de mouvement à la place des muscles de positionnement.
Manque d’activités physiques.
Il vous faudra un peu de temps pour que votre corps retrouve une structure en tenségrité dans toutes les activités de la vie. Vous serez peut-être amené à devoir faire évoluer vos postures et réaliser des exercices pour acquérir la tonicité optimale des différentes parties de votre corps.
Vous devrez faire aussi avec votre corps actuel. Par exemple, j’ai une scoliose depuis mon enfance, et mon corps a mis place un tas de compensations. Il faut que je fasse avec pour mettre en place une structure en tenségrité.
Deuxième série d’exercices : repérer le rôle de la spirale dans l’accumulation et la restitution de l’énergie
Les textes classiques disent :
Rassembler l’énergie c’est tendre l’arc. La libérer, c’est décocher la flèche.
La puissance se manifeste dans la surprenante force de ressort en spirale (de Yang Ban-Hou, 8 mots secrets de la technique).
C’est ce que nous allons essayer de ressentir et de mettre en œuvre.
La tenségrité, par sa flexibilité, permet au corps quand il est sollicité, d’emmagasiner, en se déformant, de l’énergie dans toute sa structure pour pouvoir ensuite la libérer en revenant à sa position d’équilibre. C’est ce que nous allons utiliser à l’aide de la spirale dans la forme.
Comme nous l’avons vu précédemment, une spirale est composée par la combinaison : d’un mouvement circulaire et d’un mouvement de translation, dans 2 plans différents.
Nous travaillerons sur une spirale particulière, où :
Le mouvement de translation sera vertical, il s’agira du relâché du bassin (légère rétroversion).
Le mouvement de rotation sera horizontal, il s’agira de la fermeture et de l’ouverture d’un kua, c’est-à-dire de l’articulation entre le bassin et le fémur.
Exercice 4, prise de conscience et mise en œuvre du relâché du bassin :
Pieds parallèles, largeur du bassin.
On tend les bras et les mains au-dessus de sa tête.
On les laisse redescendre, mais en commençant le mouvement par un relâché du bassin qui entraine la descente des bras (c’est le premier geste que l’on fait généralement dans la préparation). On garde la tête érigée.
On le fait ensemble, puis on passe entre les élèves pour les soutenir et les corriger individuellement. Les erreurs les plus courantes à corriger sont : un écroulement de tout le haut du corps, se pencher en arrière, faire le dos rond, ne pas réussir à diminuer la courbure lombaire à cause de tensions.
Exercice 5, fermeture des kuas :
Pieds largeur du bassin, petit pas, pied avant dans une direction, pied arrière à 45° environ par rapport au pied avant. C’est la position de base en YMTJQ.
Ensuite mettre le poids dans la jambe arrière, qui, avec la colonne vertébrale, sera l’axe vertical autour duquel le corps tournera. Fermer le kua de la jambe arrière, ce qui fait que le corps se ferme, à peu près, comme une porte autour d’un axe.
On le fait ensemble, puis on passe entre les élèves pour les soutenir et les corriger individuellement. Les erreurs les plus courantes à corriger sont : un mouvement vers l’arrière de la jambe qui devrait servir d’axe, et un mouvement vers l’arrière du bassin qui fait aussi sortir de l’axe.
Exercice 6, la combinaison des deux donne une spirale qui va accumuler l’énergie pour pouvoir la restituer :
Pieds largeur du bassin, petit pas, pied avant dans une direction, pied arrière à 45° environ par rapport au pied avant. C’est la position de base en YMTJQ. Le poids est majoritairement dans la jambe arrière.
Nous mettons notre corps en tenségrité (exercices 1,2 et 3).
Puis nous allons combiner les deux exercices précédents.
Le plus facile, dans un premier temps, est de les combiner successivement :
Soit en relâchant le bassin d’abord puis en fermant le kua de la jambe arrière (on a l’impression de s’enraciner en passant par-dessous).
Soit en fermant le kua arrière puis en relâchant le bassin ensuite (on a l’impression de s’enraciner en passant par-dessus).
Quand ces 2 façons de faire sont acquises, on fait les deux en même temps. On réalise alors la spirale qui nous enracine. Certains professeurs disent qu’on relâche le bassin dans le kua.
On le fait ensemble, puis on passe entre les élèves pour les soutenir et les corriger individuellement. Les erreurs les plus courantes à corriger sont les erreurs des exercices 1, 4 et 5.
Quand on réalise cette spirale :
On a la sensation d’ancrer le gros orteil de la jambe arrière dans le sol.
On a la sensation d’emmagasiner de la force dans la spirale, du gros orteil au sommet de la tête érigée.
Et quand on relâche cette spirale, on sent notre corps et notre jambe avant « jaillir » vers l’extérieur et l’avant.
Attention dans la forme cette spirale doit parfois être réalisée en relâchant le bassin dans le kua qui s’ouvre, notamment dans les passages sur la jambe avant. Le manque de temps ne nous a pas permis de travailler ce type de spirale.
Attention : il faut faire attention d’emmagasiner cette énergie dans tout notre corps en tenségrité, et surtout pas dans les genoux. Ce qui demande un bon relâché de bassin et une bonne fermeture du kua, et pour cela éviter les erreurs citées dans les exercices 4 et 5.
Mise en pratique dans la forme
On met en pratique d’abord dans un geste de la forme : dans la première séquence, après la grue blanche, avant jouer du pipa, le « lu » permet d’emmagasiner l’énergie et la restitution de cette énergie permet d’écarter le pied avant et couronner le genou.
Puis on réalise ensemble le début de la première séquence en commentant chaque spirale accumulant et restituant l’énergie.








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